Yann EHRLACHER

La relève alsacienne est déjà là

Les Français du WTCR avant le final de Macao - 4/7

 Il n’a encore que 22 ans, mais on l’a déjà vu souvent devant pendant cette première saison WTCR. Il a même déjà imposé à deux reprises au printemps sa Honda Civic du team allemand Münnich Motorsport, à Budapest et Zandvoort. Depuis, en revanche, la réussite l’a un peu boudé, mais Yann Ehrlacher entend bien briller à Macao, avant de se tourner vers 2019.

 

« On a fait un bon début de saison, en étant constamment dans le top 5 du championnat. Et même en tête après Zandvoort. Ensuite on a plutôt manqué de réussite sur certains événements. Mais le bon rythme a toujours été là. En qualification on a montré notre potentiel. J’ai intégré plusieurs fois la Q3. Après la mi-saison, le rythme était toujours là et le week-end en Slovaquie ne s’est pas trop mal déroulé pour nous. En revanche, lors des deux manches chinoises et au Japon, on a vraiment accusé le coup en ne marquant quasiment aucun point. Pour tout dire, sur les trois derniers week-ends, j’ai marqué plus de points en qualification qu’en course ! On ne peut pas appeler ça des opérations très rentables. Mais il y avait quand même pas mal d’expérience à prendre.

 

Ce n’est que ma deuxième année en championnat du monde, donc forcément j’ai encore plein de choses à apprendre. On a fait quelques belles courses, pris aussi quelques pénalités, comme à Wuhan où j’ai volé le départ par ma faute. Le lendemain, on a fait une très mauvaise qualif’, avec deux 20e places de grille sur ce circuit en ville, et par conséquent je pouvais oublier l’idée de marquer des points. J’ai eu aussi quelques accrochages, comme celui à Ningbo en course 1, qui m’a coûté les courses 2 et 3, en étant obligé de partir des stands. A Suzuka, on aurait pu marquer de gros points, après un très bon départ, même si c’était un peu difficile de se battre avec l’Alfa de Ceccon et la Peugeot de Comte. Malgré tout, j’étais provisoirement 2e quand le moteur a cassé.

 

Quoi qu’il en soit, la Honda Civic Type-R développée par JAS est toujours très compétitive. Quand on regarde les statistiques, on est toujours là, tous les week-ends la Honda est quand même dans le top 10. On n’a pas eu de moment très très haut ou très très bas en termes de performances, mais on a toujours été très présents pour marquer des points. Pour nous la BOP était très raisonnable. A part Suzuka où c’était un week-end un peu spécial au bénéfice de l’Alfa Romeo, lorsqu’on regarde les résultats en qualification de tout le monde, on ne peut pas dire que la BOP est mal faite. Par exemple à Wuhan, il y avait plus de 20 voitures dans la même seconde. Le seul souci, c’est qu’elle est basée sur les chronos, alors qu’en course il y a des situations où certaines voitures vont plus vite en ligne droite et d’autres plus vite en virage. En général, il est préférable d’être mieux en vitesse de pointe qu’en virage. Le point faible de notre voiture est plutôt la V-Max, pas forcément lié à son moteur, mais plutôt parce qu’elle a beaucoup de charge aéro. Donc forcément plus de traînée, ce qui n’aide pas pour sa vitesse de pointe. Ce désavantage, on le compense un peu dans les virages. »

 

Tu vas arriver avec quelques notes à Macao...

 

« J’ai déjà eu une première expérience l’an dernier avec la Lada WTCC, ce n’était pas évident. Mais ça m’a permis de prendre mes marques. C’est un circuit qui demande de l’engagement et de l’expérience. Ce sera toujours un avantage d’avoir mis les pieds là-bas. Il n’y a pas de raison que la Honda ne soit pas performante, malgré les grandes lignes droites. Mais dans toute la section qui monte, où il faut un peu d’appui aéro, on devrait être plutôt performants. Pour la qualif’ je ne m’inquiète pas trop, pour les courses on verra ... Macao, c’est toujours un pari ! De toute façon, je suis déjà sûr de partir dernier en course 1, à cause du changement de moteur après Suzuka. Je n’ai donc pas de souci à me faire ! Après on ne sait jamais, il peut y avoir des gros crashes, un safety car... Ce qui n’empêche pas que je vais essayer quand même de faire une bonne qualif’. »

 

En marge des courses et du roulage, qu’apprécie-tu dans ce championnat ?

 

« Au niveau de la médiatisation d’Eurosport Events,, ils ont toujours des idées très originales, notamment avec les vidéos qu’ils tournent. C’est dans l’air du temps et ils essaient de faire des choses qui boostent sur les réseaux sociaux, pour rendre la discipline attractive. Nous, on le fait avec plaisir, d’autant que c’est dans notre intérêt aussi. »

 

Avec tes piges en Proto LM P3 ou GT3, ta saison était bien remplie...

 

« C’est toujours bien de rouler en plus et d’avoir plusieurs programmes, même si les moins prioritaires pour moi ne sont pas à temps plein. Ça augmente toujours l’expérience de pouvoir s’adapter à des voitures différentes, de sauter de l’une à l’autre. Pour l’adaptation, c’est toujours un plus. A la fin de l’année, avec le GT et les différents “one-shots“, je ne devrais pas être loin de 25 week-ends. En 2019, le WTCR sera mon programme principal, et après sans doute des courses en annexe à droite ou à gauche. Les contacts mijotent bien ... »

        Jean-Luc Taillade

© fortylaps.com - 40Laps.com      © Jean-Luc Taillade                                                                                                                        Conception :  Quentin Guibert  (www.quentinguibert.com)