Le WTCC à PEKIN en 2014

A l'occasion de la fête nationale de la République Populaire de Chine qui dure une semaine, le championnat du monde FIA des Voitures de Tourisme WTCC, porté à bout de bras par Eurosport Events, a fait étape pour la première fois sur le Goldenport Park Circuit de Beijing.

Cela n'était pas prévu de longue date, mais découlait d'un enchaînement d'imprévus ayant conduit l'organisation à s'abstenir de se rendre pour la troisième fois consécutive, en vertu du contrat en cours, sur le circuit américain de Sonoma. François Ribeiro, le Directeur Général des Opérations, qui veille à la destinée du WTCC, expliquait en début d'été que le premier élément ayant troublé le calendrier 2014 du WTCC était la date changée du Grand Prix F1 du Japon. De fait l'exercice pas si évident que cela d'organiser le fret WTCC, principalement par voie maritime pour des raisons économiques, depuis la manche argentine de Termas de Rio Honda jusqu'en Californie, puis vers la tournée asiatique, en avait été grandement compliquée. D'où la décision d'annuler Sonoma, et de chercher une autre épreuve de substitution.

L'idée de coupler une épreuve supplémentaire en Chine Populaire, (la troisième de Macao étant chinoise mais bénéficiant d'un statut administratif spécial), une semaine avant celle prévue à Shanghai, s'était alors imposée. Et, comme en 2011 lors de la première venue du WTCC dans le pays du matin calme, sur le petit tracé de 2 km de Tianma, près de Shanghai, c'est un autre tourniquet, le Goldenport de Pékin, qui était mobilisé en urgence. Avouons que de nombreux observateurs, et notamment nos amis de ART Motorsports, l'écurie macanaise dirigée sur les pistes par le Français Philippe Descombes, étaient perplexes en apprenant qu'un championnat du monde FIA allait s'y produire. 

Le Goldenport Park Circuit, situé près de l'aéroport de la capitale chinoise, long de 2,4 km, en service depuis 2001, n'est pas, loin s'en faut, l'un des plus intéressants qui soit pour les pilotes. Les infrastructures ne semblent déjà plus de première fraîcheur, mais elles ont le mérite d'exister. Bien sûr, le site ne présente pas le standing idéal pour une manche mondiale FIA, mais le déroulement du meeting de cette solution de rechange s'est assez bien passé. Pour mener à bien le projet, Eurosport Events a pu s'appuyer sur les organisateurs du championnat chinois des voitures de tourisme, pour ses connections locales, assurer une bonne communication et ouvrir les bonnes portes. D'où au passage la présence au programme des courses du CCTC à Pékin, autant qu'à Shanghai. Côté logistique, des grèves en Argentine ont provoqué du retard pour l'embarquement du matériel, et son arrivée tardive en Chine a conduit à la réduction du meeting sur deux journées.

Les outsiders en pointe

Côté sportif, cette manche de reprise, deux mois après Termas de Rio Hondo, a fourni de belles surprises. Pourtant à l'issue des essais libres, les Citroën semblaient en mesure de s'imposer dans au moins une des deux courses, comme elles l'ont toujours fait depuis le début de saison. Aux essais libres, les yeux étaient également tournés vers leurs voisins de stand, chez Honda Racing. Depuis que la Civic de développement a été mise en service dans l'été, l'équipe d'Alessandro Mariani a pu travailler pour réduire le handicap de performance face aux voitures françaises. Même si ce travail de fond ne portera pleinement ses fruits que pour la saison 2015, quelques améliorations de réglages pouvaient être transposables pour cette tournée asiatique. Les chronos de point de Tiago Monteiro en essais libres tendaient à le prouver. Malheureusement pour le clan italo-Japonais, Monteiro a raté ses qualifications, Gabriele Tarquini sauvant la mise avec le 2e temps, très près derrière un Tom Chilton qui allait dominer la course 1, contre toute attente. Chez Citroën, on allait se contenter des 2e et 3e places d'Yvan Muller et José-Maria Lopez, puis de la 3e place de Sébastien Loeb dans une course 2 historique pour LADA Sport, pour qui Rob Huff, même inquiété sur la fin par Tom Coronel, signait la toute première victoire pour une marque russe, d'abord en WTCC, mais aussi dans l'absolu dans une manche mondiale de sport automobile.

Après cette première venue du WTCC à Pékin, une chose est sûre. L'accueil général réservée au WTCC, grâce à l'aide administrative des organisateurs du CTCC, a été particulièrement soigné.

Comme en témoigne la visite des pilotes à la Grande Muraille de Chine, ou l'organisation très solennelle d'une conférence de presse commune dans un lieu exceptionnel où bien peu de chinois ont l'occasion de pénétrer. Ni plus ni moins que dans les murs de la “Maison du Peuple“, le parlement du plus peuplé des pays de la planète, et pendant les festivités de la “Golden Week“, la fête nationale.

Mais une question demeure. Car le Goldenport Circuit n'est pas vraiment adapté à un championnat mondial de ce niveau. Si les organisateurs projettent de revenir en Chine pour deux manches en 2015, ce devrait être de nouveau sur le circuit moderne de Shanghai, et peut-être sur celui de Ghangzou (région de de Guandong, ex-Canton). Enfin, il semble que le WTCC pourrait ne plus terminer sa saison dans les rues de Macao au profit d'un circuit sur la route du retour de la tournée asiatique, par exemple aux  Emirats Arabes Unis, à Dubai ou Abou Dhabi. Réponse lors de la constitution prochaine du futur calendrier, qui devrait être proposé fin octobre.

 

Jean-Luc Taillade

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