Sacha FENESTRAZ, retour à Macao F3

pour redorer une décevante saison

 Auteur de débuts prometteurs en F3 lors de la Coupe du Monde FIA 2017, ponctués par la 7e place, le Franco-Argentin du Team Carlin espère bien s’y illustrer de nouveau, après une saison de championnat d’Europe entamée brillamment, mais ensuite bien moins rentable.

 

Lorsque nous avions vu à l’œuvre Sacha Fenestraz en mai au Grand Prix de Pau, première manche du championnat d’Europe FIA, la 4eplace en course 1, puis la victoire en partant en pole position dans la course 2, avait permis au résident de Cordoba, qui allait fêter ses 19 ans en juillet, de pointer comme premier leader. Malheureusement, autant lui que l’ensemble de l’équipe de Trevor Carlin allaient connaître les déconvenues et céder à la domination des pilotes de Prema Powerteam et Motopark. A l'issue de la manche finale d'Hockenheim, le pilote de l'Equipe de France FFSA et de la Renault Sport Academy a terminé 11e au championnat, et 5e des Rookies derrière le Russe Robert Shwartzman, l'Estonien Jüri Vips, le Néo-Zélandais Marcus Armstrong et le Britannique Enaam Ahmed.

 

Presque déjà tourné vers la saison prochaine, qui pourrait le voir intégrer la nouvelle F3 FIA qui évoluera comme la F2 en prologue des Grand Prix de F1, Sacha dresse un bilan lucide sur une année en deçà de son ambition.

« Vraiment une saison assez compliquée ! C’est sûr qu’elle avait bien commencé à Pau. Un circuit en ville que j’aime bien. Sur un circuit en ville, quand on est en confiance, on va toujours un peu plus vite et ça peut se passer bien en compensant la différence, même si on a une voiture qui n’est pas au mieux, qui est un peu moins efficace. A Pau, j’ai gagné sur le sec, mais sur le mouillé on était partis avec des pneus slicks et notre stratégie n’avait pas aidé, car il avait fallu s’arrêter de nouveau (20e en course 3 écourtée par un drapeau rouge. Ndlr).

 

Quand nous sommes arrivés à Budapest, on savait que ce n’était pas notre meilleur terrain, et on a un peu galéré. Après, au Norisring, on a continué aussi à galérer, et quand on est arrivés à Zandvoort, où le team avait fait 1-2-3 en qualification l’année dernière, cette fois nous n’étions même pas proches des huit premiers. Là on a réalisé qu’on avait réellement un problème technique. C’était déjà assez tard dans la saison, et du coup on a travaillé dur depuis avec mon ingénieur Matt Ogle, en essayant de trouver des solutions dans tous les domaines. Dans les deux ou trois derniers week-end de courses, on s’est vraiment rapprochés de nos adversaires de devant. Même à la dernière manche d’Hockenheim, où j’ai fait une erreur en qualif’. Je crois que j’étais meilleur chrono virtuel juste avant les derniers virages, mais malheureusement j’ai fait une erreur, ce qui ne m’a pas aidé. Mais au niveau performance, en tant qu’équipe, nous étions beaucoup plus proches. C’est sûr que cela aurait été mieux de commencer la saison comme ça. Et ça donne envie d’arriver à Macao en sachant que l’on peut être plus compétitif.

 

Cette année, comme Habsburg est parti chez Motopark, en plus de Daruvala je vais avoir comme coéquipier Callum Ilott, qui a toujours été compétitif à Macao. J’aurai à me servir de son expérience pour apprendre au plus vite. L’objectif de l’année dernière était d’apprendre (7e place à l’arrivée après l’élimination de Sette Camara et Habsburg dans le dernier virage. Ndlr.). Celui de cette année, comme je l’avais déjà dit l’an passé, est de gagner ou au moins d’atteindre le podium. On va travailler dur pour ça.

 

La plupart des équipes, dont la nôtre, avons eu des tests avec les pneus Yokohama, mais on sait que ce n’est jamais la même chose. L’an dernier, on sait qu’on a eu un gros problème de dégradation. Le plus important sera de faire séance par séance sans essayer de sauter les étapes. De faire un temps trop tôt dans le week-end, car cela se finit vite au mur, ce qui n’est pas le meilleur pour la confiance pour le reste du week-end. Ensuite, il faut réussir les tours importants en qualif. L’an passé, pour ma première fois, ce n’était pas si mal, d’autant qu’on avait eu une deuxième séance qualificative assez compliquée avec beaucoup de drapeaux rouges. Et que je n’avais eu qu’un seul tour à la fin pour réussir une 11e place sur la grille pour la course de qualification. Après ma 12e place en course de qualification, finir 7e de la Coupe du Monde pour une première fois n’était pas si mal !

Si je parviens à faire un bon résultat, on pourra oublier une partie de cette saison plutôt décevante. »

 

Le pilote français membre cette année de la Renault Sport Academy, en vertu de son titre 2017 de l’Eurocup FR 2.0, et dont la Dallara-Volkswagen revêt pour la deuxième fois les mêmes couleurs bleu-blanc-rouge de Michel Vaillant, va enchaîner la semaine suivant Macao une seconde participation en GP3 Series au sein de l’équipe Arden de Garry Horner, lors du final d’Abou Dhabi.

 

« Après cette première expérience à Sotchi, on verra ça à Yas Marina, où il me faudra faire au mieux en continuant à apprendre des pneus Pirelli. Dans une Dallara GP3 on arrive à apprendre assez vite, mais ces pneus sont le plus compliqué pour s’y adapter, et c’est sur ce point que j’ai le plus tâtonné en Russie. Il est sûr aussi que ce n’était pas le circuit idéal pour débuter en GP3, parce qu’apparemment c’était le week-end le plus compliqué de la saison au niveau des pneus. Lorsque en 2014 les GP3 Series y étaient déjà allées, il n’y avait pratiquement pas de dégradation. Mais cette année énormément, comme tout le monde le dit. Ce n’était vraiment pas un week-end facile pour moi.

 

Après cette saison mitigée jusque-là, disons que j’étais dans un creux de mon début de carrière, mais je suis déterminé à faire un pas en avant, à oublier cette saison pour revenir encore plus fort l’année prochaine. C’est sûr que ça s’est mal passé, mais j’ai appris énormément. Quand tout se passe bien et que l’on gagne tout, on n’apprend pas autant de choses que dans les moments durs où on galère. »

        Jean-Luc Taillade

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