Une de mes premières photos spectaculaires

Coupes de Pâques de Nogaro 1974

L'action se passe lors de mes troisièmes Coupes de Pâques sur le Circuit Paul Armagnac. L'auteur de cette tentative de “mise en orbite“, à bord de sa MEP X27 de Formule Bleue, n'est autre que Patrick Thirouin, victime d'un accrochage dans le premier droite après les anciens stands. Ce virage est la première partie de ce que l'on nomme depuis le "S“ du Lac, mais suivi à ce moment-là d'un autre droite raccordant la fin de l'actuelle grande ligne droite. L'impressionnant envol n'avait heureusement pas eu de conséquence physique pour le pilote francilien, vite éliminé dans cette course remportée par Patrick Piget. On ne peut pas en dire autant de sa monoplace à moteur Citroën GS, dont on distingue un morceau d'un disque de frein, à droite de la roue avant droite, elle-même satellisée.

 Une époque que les plus jeunes photographes de reportage d'aujourd'hui, qui n'ont pas connu la photo argentique, peinent sans doute à imaginer. Où le noir & blanc était encore largement majoritaire dans la presse papier. Et ou placer un film couleur dans son 24X36 reflex était une option luxueuse, chaque photographe se voulant professionnel développant lui-même ses pellicules et ses tirages papier NB.

Pour la petite histoire, quelque temps plus tard, j'avais donné un tirage 13X18 à un copain passionné. Le fourbe n'avait pas trouvé d'autre idée que de l'envoyer en son nom, sans me le dire, au concours de la meilleure photo du mois des lecteurs de la revue Echappement. Le voleur avait gagné un abonnement d'un an, mais c'est bien moi qui allait devenir correspondant du magazine en 75, puis photographe du mensuel en 79.

Pour assister deux ans plus tôt, en 1972, pour la première fois aux Coupes de Pâques, la cinquième des cinquante de son histoire disputées à ce jour, j'avais fait de l'auto-stop depuis Toulouse, puis planté ma “canadienne“ de camping dans le champ, en face de l'entrée du paddock et de l'aérodrome.

Puis j'étais allé prendre possession de mon tout premier laissez-passer piste - quelle fierté ! - accordé par le bienveillant André Diviès, légendaire Président de l'ASA Armagnac-Bigorre et Maître Loyal du site gersois, sans lequel il ne serait pas devenu ce qu'il est désormais. Ce personnage haut en couleurs, avec ses qualités écrasantes gardant l'avantage sur quelque défaut, n'a jamais été avare pour promouvoir les jeunes passionnés du sport automobile. Qu'il en soit pour ma part une nouvelle fois remercié !

Fier de mon premier sésame de photographe, quatre mois seulement après être entré dans ma 18e année, j'allais pendant trois jours pouvoir prendre en main mon Asahi Pentax Spotmatic II flambant neuf, armé de trois focales bien modestes de nos jours. Un 50 mm et un 135 mm de la marque, mais aussi d'un économique 200 mm Soligor. Heureusement, le petit tracé, étriqué en ce temps-là, développant à peine plus d'1,7km, avant son allongement à 3,12 km l'année suivante, permettait d'être près de la piste et quelques beaux angles sans plus gros téléobjectif.

S'il n'était pas le premier rendez-vous de la saison nationale des circuits, les Coupes de Pâques était de loin le plus fourni. Cette année-là il regroupait quasiment toutes les disciplines principales du calendrier. La Formule 3, Formule Renault, Formule Bleue Citroën, Coupe Renault Elf R12 Gordini, Groupes 1, 2. 3, 4, 5 et 7, etc.

 Jean-Luc Taillade

© fortylaps.com - 40Laps.com      © Jean-Luc Taillade                                                                                                                        Conception :  Quentin Guibert  (www.quentinguibert.com)