Nathanaël BERTHON

L'apprentissage du portière-à-portière

Les Français du WTCR avant le final de Macao - 3/7

Le Champion de France de FR 2.0 2009, âgé de 29 ans, en manque d’opportunité pour continuer en monoplace, s’est tourné vers l’Endurance en proto depuis plusieurs saisons. En attente d’un programme plus complet, le Clermontois est venu s’essayer à la voiture de Tourisme et ses spécificités. 15e du championnat avant Macao, il est monté sur son premier podium à Wuhan.

 

« Je ne pensais pas que le “chantier“ était aussi compliqué ! Si c’est quand même une voiture avec 4 roues et un volant, elle réclame un autre style de pilotage. Il faut apprendre le métier de la traction.

Nous au début de saison, que ce soit l’équipe ou moi, je pense que nous n’étions pas prêts. Même si Aurélien Panis, Frédéric Vervisch et Denis Dupont, qui avait gagné le TCR Benelux, avaient déjà une connaissance de ce type de voiture, nous n’avions pas une grosse expérience par rapport aux autres. Comtoyou est une bonne équipe, mais même eux l’admettent, nous n’étions pas dans le jeu. Ensuite, nous n’avons pas été les plus veinards de l’année avec la BOP et le poids de compensation.

Pour ma part, j’ai beaucoup appris. En termes de vitesse et d’adaptation, ce n’est plus maintenant un problème. J’ai compris comment la voiture fonctionnait, les pneus, les freins, etc. Mais il n’y a pas que le pilotage. Il y a aussi la gestion du week-end, la gestion des courses, qui sont assez, même très musclées. Qui ne sont pas forcément aussi fair-play qu’en monoplace. Cela nécessite de s’adapter. Il a fallu apprendre un peu à rendre les coups. Il y en a qui arrivent sans se poser de question. Si ça ne passe pas, ils se disent que s’ils s’appuient un peu, ça va passer. Donc on est souvent le dommage collatéral et on perd trois places dans l’action. Si on n’a pas une roue cassée, on a de la chance. Pour les pilotes de monoplace, il faut s’y faire car visiblement c’est comme ça que ça se passe.

Quand je fais le bilan de ma saison, si je prends la performance pure, je ne retrouve pas du tout ma position lointaine au championnat. Je me suis fait cartonner dans énormément de courses, et j’ai perdu énormément de points. J’en aurais le double sans problème. Mais il faut l’avouer, c’est en course que ça s’est passé. Il faut que j’apprenne de ça et que j’analyse ce qu’il s’est passé si je veux repartir en WTCR l’an prochain. Pour être meilleur dans cette partie-là.

 

Mon meilleur résultat est ce premier podium à Wuhan. J’aurais même pu en faire un autre, car en course 1 j’étais 3e quand je me suis fait virer. A Ningbo nous étions très rapides, je partais 5e, mais je me suis fait exploser au départ. Presque pareil à Zandvoort ! Beaucoup de fois aussi je me suis retrouvé 11e en qualification. On sait que faire dixième n’oriente pas le même schéma d’un week-end.

 

Je ne connais pas Macao. D’ici là on aura fait un peu de simulateur, pour laquelle l’équipe a mis en place deux journées en Belgique. J’ai bien sûr vu des courses télévisées, de F3, GT ou Tourisme et tout le monde me dit que je vais me régaler. J’ai franchement hâte d’y être et j’espère que ce sera un beau final pour nous. »

 

Te vois-tu de nouveau l’an prochain en WTCR ?

 

« Honnêtement, je pense que si je refais une saison, avec une bonne voiture, une BOP favorable, et comme je pense que Comtoyou est une bonne équipe, avec un peu de chance on peut réussir une très bonne saison en 2019.

Le plateau est du très haut niveau, et de ce qu’on entend, en plus de la nouvelle marque Lynk & Co, on annonce l’arrivée de nouveaux pilotes qui va le rendre incroyable. Pour l’instant je n’ai rien signé, mais j’aimerais bien rester dans ce championnat. Si cela ne s’avère pas possible, j’ai aussi d’autres possibilités qui sont “cool“. Je pense que ça peut être un championnat d’avenir, parce qu’il y a beaucoup de constructeurs et qu’il ne coûte relativement pas très chers pour eux, avec un retour sur l’investissement assez bon. Et puis aussi des voitures électriques qui vont peut-être arriver prochainement, et c’est un championnat du monde FIA, bien médiatisé par Eurosport et au niveau mondial.

 

Comme c’était la première année, il y a peut-être des choses à un peu améliorer sur le côté sportif. Il faut sévir un peu plus face aux actions antisportives, qui ne sont parfois pas au niveau d’un championnat du monde. C’est le principal reproche que je ferai. Quand on se fait pulvériser une course sur deux, on ruine sa voiture et les points de l’équipe. »

 

Où en es-tu du côté de l’Endurance ?

 

« J’ai fait Le Mans avec Dragon Speed et ça s’est très bien passé. J’étais avec Maldonado et Gonzalez. J’avais fait le meilleur temps LM P2 aux tests de pré-qualification. Arrivés à la qualif´, on a signé le 2e chrono, et en course j’ai fait le meilleur tour de la catégorie. On a terminé 5e , mais au final 4e avec le déclassement de la G-Drive.

 

Comme Comtoyou et Audi sont contents de moi et que je sais avoir fait du bon boulot sur le peu que j’ai fait en LM P2 cette année, j’espère que ça va impliquer un programme sympa pour la saison prochaine.

En tout cas je vais repartir sur l’Andros cette hiver, toujours en Elite Pro avec Comtoyou sur l’Audi A1 verte, que je partage avec Louis Gervoson qui lui visera de nouveau le classement Elite. »

        Jean-Luc Taillade

© fortylaps.com - 40Laps.com      © Jean-Luc Taillade                                                                                                                        Conception :  Quentin Guibert  (www.quentinguibert.com)