John FILIPPI : retrouver la confiance

Les Français du WTCR avant le final de Macao - 1/7

Il n’est âgé que de 23 ans et reste l’un des plus jeunes pilotes du championnat WTCR, mais s’apprête à affronter pour la 3e fois les méandres sélectives et les longues lignes droites du tracé de la presqu’île de Guia.

 

Ses deux premières participations, c’était lorsque s’y produisait encore le WTCC. En 2014 d’abord, au volant d’une Seat Léon TC2 du team Campos Racing, et en 2017 avec l’une des C-Elysée TC1 du Sébastien Loeb Racing. Cette fois, John Filippi cherchera à s’y remonter un moral quelque peu ébranlé tout au long d’une saison plus que compliquée avec sa Cupra du même team espagnol, qui l’avait accueilli pour ses débuts en Tourisme international. D’un caractère déjà peu expansif, c’est sans exubérance mais avec lucidité que le pilote corse, qu’il faut aller chercher à une décevante 25e place du championnat, analyse ses déboires de cette saison 2018.

 

« Quand il fallait marquer des points, ... je ne les ai pas marqués ! C’est comme un buteur qui arrive devant la cage, et qui n’arrive jamais à cadrer ! Si on dresse une statistique, je dois être le pilote qui a vu le moins l’arrivée d’une course, qui a eu le plus de casses d’amortisseur. De tous les accrochages que j’ai subis cette saison, le seul dont je m’estime responsable est celui avec Björk à Wuhan. Pour tous les autres, je me suis fait rentrer dedans.

A Vila Real, où je m’étais qualifié 7e et ou je suis 5e au premier virage, jamais je n’ai pensé que les deux premiers (Huff et Bennani. Ndlr.) allaient déclencher un tel carambolage. Et ça fait beaucoup de points de perdus en plus. Après, comme c’était la course 1, ma Cupra était tordue et on ne pouvait pas la réparer comme il faut. Même pour moi c’était dur, je n’avais plus la confiance que j’aurais dû avoir pour repartir le dimanche matin et refaire les performances de la veille.

 

Il m’en a manqué aussi un peu sur certains points, pas seulement par malchance. Toute cette fin de saison, j’étais en difficulté. Tout simplement parce qu’après le crash en Slovaquie, j’étais vraiment dégoûté, plus du tout en confiance au volant de la voiture, et plus aussi à l’aise qu’avant dans l’équipe Campos. Justement à cause du manque de résultats et qu’il y a un certain malaise. Parce qu’on sait qu’on n’est pas à la place où on devrait être. Dans le même temps, Pepe Oriola a fait du très bon travail et il joue le championnat. Toute l’équipe était vraiment derrière lui jusqu’à Suzuka, même si maintenant il est un peu loin pour espérer être titré.

 

Ce qui me contrarie le plus, c’est qu’en début de saison, j’ai eu tendance en performances pures à être devant lui, et ne pas avoir pu concrétiser. Là, j’ai perdu de la performance et je ne me l’explique pas très bien. En général, je m’en sortais mieux pour régler ma voiture en séance libre, et là je n’arrive plus aux mêmes sensations. »

 

Comment John perçoit-il les effets de la balance de performances appliqués lors de cette première saison de WTCR ?

 

« Après la manche de Hongrie, je trouve que la BOP a été très bien faite pour tout le monde. Les Hyundai étaient vraiment au-dessus du lot, ça se voyait vraiment au Hungaroring, les Honda sont les deuxièmes meilleures voitures du moment et ensuite les voitures des marques du groupe VAG sont toutes pareilles. Même si je trouve que les Audi ont fait un super boulot depuis le début de la tournée en Asie et ont montré un gros “step“. Je trouve aussi que la compensation de poids a été bien faite. Ce que je regrette un peu, peut-être, ce sont les deux premières manches (Marrakech et Budapest. Ndlr), où il y a eu un petit temps d’adaptation. Franchement, tout le monde a eu droit à des courses où sa voiture était devant, d’autres où elles ne l’étaient pas. C’est normal, c’est ce que doit être un championnat de “touring cars“. Tout le monde au même niveau, et puis c’est de la bagarre pour les pilotes.

 

Macao va être pour moi un challenge très difficile, parce qu’il y a cette année beaucoup de très bons pilotes, dont beaucoup connaissent très bien le circuit. Cela va faire de belles bagarres devant. L’idée, même si je suis dans le dur en ce moment, c’est de me rapprocher de devant. Sur les circuits en ville, à part à Wuhan, je me suis toujours très bien débrouillé. Il me faut pour cela retrouver une bonne sensation de la voiture. Après, faire un gros résultat va être très compliqué, car des pilotes qui adorent ce circuit comme Huff, ou comme Yvan et Tarquini qui jouent le championnat là-bas, vont être particulièrement à l’aise. Peu importe les voitures, pour eux ça ne changera rien. Pour moi, la difficulté avec ma Cupra va se trouver dans la recherche des bons réglages d’entrée. Par rapport à la Citroën WTCC de l’an dernier, ces voitures prennent plus de roulis, sont un peu plus “fainéantes“. C’est moins dynamique, et dans un sens peut-être un peu plus sécurisant. Il ne faudra peut-être pas tomber dans un piège où l’on se sent trop en sécurité, n’être pas assez véloce, ou se penser trop en confort et laisser libre cours à l’erreur jusqu’à taper un rail. Pour avoir tapé l’année dernière, je sais qu’on perd du temps à réparer la voiture, et on perd toujours un peu de confiance lorsqu’on touche les murs. Pepe Oriola, qui a entre autres déjà roulé en TCR à Macao, sera aussi une bonne référence pour moi.

 

Avant de discuter de la saison prochaine, j’ai une saison à finir. Donc je veux vraiment la terminer en cassant cette mauvaise spirale négative, au moins en retrouvant de la performance, ce qui serait déjà une première victoire pour moi. A partir de ce moment-là, je me concentrerai à 200 % sur l’année prochaine. »

        Jean-Luc Taillade

Retour cette saison en WTCR au sein de Campos Racing avec une Cupra. © WTCR / Thomas Fenetre-DPPI

Lors des tests préliminaires de Barcelone, John fondait de bons espoirs sur cette saison. © WTCR / François Flamand-DPPI

C'est à Marrakech, qui ouvrait le premier championnat WTCR, que le Bastiais, alors âgé de 19 ans, était devenu en 2014 le plus jeune à marquer des points en WTCC. © WTCR / Paulo Maria-DPPI

John Filippi et la Corse sur une grille de départ à Zandvoort. © JL Taillade

Subtil saute-vibreur à Zandvoort. © WTCR / Jean-Michel Le Meur-DPPI

John Filippi cherche à retrouver les meilleures sensations au volant de sa Cupra. © WTCR / Paulo Maria-DPPI

Pleine attaque au-dessus d'un vibreur de Vila Real. @ WTCR / Paulo Maria-DPPI

Séance de dédicace à Vila Real. © WTCR / DPPI

John était très bien placé à Vila Real, ... avant d'être l'une des nombreuses victimes collatérales de l'accrochage entre les Golf SLR Bennani et Huff. © WTCR / Paulo Maria-DPPI

La décoration de la Cupra Oscaro se prête bien au décor verdoyant du Slovakia Ring. © WTCR / François Flamand-DPPI

Entre deux séances au Nürburgring. © WTCR / François Flamand-DPPI

Au Nürburgring devant Comte, Morbidelli et Ehrlacher en bagarre. © WTCR / François Flamand-DPPI

Les manches chinoises n'ont pas souri pas à Filippi. © WTCR / Jean-Michel Le Meur-DPPI

Dans son stand de Wuhan, John en phase de concentration. © WTCR / Jean-Michel Le Meur-DPPI

Filippi père et fils dans l'expectative, lors de la manche de Suzuka. © WTCR / Clément Marin-DPPI

Avec la C-Elysée WTCC de Sébastien Loeb Racing, John avait pris les 6e et 10e place du Trophy des Indépendants en 2017 dans la manche de Macao. © JL Taillade

Depuis ses débuts en voiture de Tourisme, John Filippi peut compter sur le soutien de son père et de leur ami Philippe Fratacci (au centre), comme sur cette photo du Grand Prix de Macao 2017. © JL Taillade

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