Jean-Karl VERNAY

Audi soit qui bien y pense

Les Français du WTCR avant le final de Macao - 6/7

Déjà trois fois victorieux lors de cette première saison de WTCC, Le Lyonnais de 31 ans, champion International TCR 2017 Benelux 2018, également passé près du titre TCR Europe, est un spécialiste de la catégorie depuis 3 ans. Ses atouts sont d’être bien ancré au sein du team belge Leopard WRT, et après Volskwagen, d’avoir rejoint à moyen terme les rangs des pilotes sous contrat Audi.

 

En revanche, s’il se réjouit d’être le mieux classé des pilotes de la marque d’Ingolstadt, Jean-Karl Vernay ne mâche pas ses mots dans son opinion sur la balance de performances et le poids de compensation ayant parfois bien muselé sa RS3 LMS.

 

« Ma saison est globalement positive, avec trois courses gagnées. On fait partie de ceux qui en ont gagné le plus, quand même. Avec une course 1 à Wuhan, une course 2 à Marrakech et une course 3 à Zandvoort, ce n’est pas comme si on ne gagnait que des courses à grille inversée. J’ai également signé deux pole positions.

 

Par ailleurs, on s’est loupé une fois, à Ningbo, avec vraiment de la malchance. Une grosse déception. On a cassé des transmissions et plein de trucs quand l’Audi était rapide, et on y a perdu au minimum 20 à 25 points. Ce qui nous aurait mis 3e du championnat. Avec la BOP et le lest de compensation, il faut scorer quand la voiture est très compétitive et capable de marquer des gros points. J’ai eu aussi un fait de course un peu limite à Wuhan, où j’étais 4e lorsque j’ai écopé d’un passage au stand pour un contact. Une pénalité directement, alors que plein d’autres choses n’ont pas été sanctionnées. Disons que les commissaires ont “agi différemment que d’habitude“. Au-delà de ça, la saison est très bonne, je suis le premier classé des Audi, j’ai un coéquipier de renom, Gordon Shedden, qui est triple champion du BTCC, avec lequel l’écart est assez flagrant en termes de performances. Pour l’instant, c’est super pour moi et il me faut aller jusqu’au bout. »  Jean-Karl est 5e au général et encore arithmétiquement en lice pour le titre. »

 

Cette première année du WTCR est quand même compliqué. Cette compensation de poids, c’est vraiment de ….... Pour une marque, l’idéal du jeu, en fait, serait deux voitures, avec un bon pilote et un beaucoup moins bon. Comme ils prennent la moyenne des temps de qualification, certains s’en tirent mieux, par exemple Oriola. Le pire lest qu’il a pris, c’est 20 kg. Pour nous, 60 kg sur un tour, ça coûte 7 ou 8 dixièmes. Donc dès qu’un gars est nettement déchargé, il va gagner des courses. Le championnat est bien, parce qu’il y a du turn-over dans les résultats. Mais dans les courses à “reverse grid“, ce n’est pas très fair-play. A la limite, il y a le côté stratégique où parfois on essaie de faire 7 ou 8e pour aller marquer de gros points sur une course. Tandis que là, c’est juste le fait de quelqu’un qui ne roule pas trop fort pour faire baisser la moyenne et pas prendre de poids. Les Hyundai ont un tel avantage en termes de performances que parfois ils s’amusent. Ils vont scorer un maximum sur une course, et après ils vont faire derniers alors qu’ils pouvaient rouler très vite, pour avoir très peu de lest sur les deux dernières manches. Une telle Coupe du Monde attend peut-être autre chose que jouer de la sorte avec le règlement.

 

Néanmoins, de longue date en matière de Touring Cars, je trouve que ce championnat est ce qu’il y a de plus beau. Et l’année prochaine ce sera encore mieux, avec quatre ou cinq noms qui reviennent, et avec une nouvelle voiture comme la Lynk & Co du groupe Geely. Ça va être fantastique, mais il faut que la BOP et la compensation de poids soient mieux équilibrées.

 

Mais c’est super, avec du beau spectacle, il y a énormément de monde et c’est très bien suivi. Comparé au WEC ou au GT3, on a un niveau d’attention très important. Le niveau de pilotage est vraiment fantastique. Et même s’il y a des gars qui roulent devant comme Tarquini avec ses 56 “piges“ et que des gens peuvent se moquer de nous. Avoir de nombreux de grands noms, ça rend le championnat plus beau. La couverture télé d’Eurosport est top. En plus ils m’aiment bien et je fais souvent les vidéos un peu funky qui, à chaque fois, font deux à trois cent mille vues sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas inintéressant en termes de notoriété, pour le championnat comme pour nous. »

 

Ton double programme, Coupe du Monde et de TCR Europe, n’était-il pas un peu lourd ?

 

« J’utilisais une RS3 identique en TCR Europe. On a fini 2e, mais on aurait pu le gagner, même en manquant la deuxième manche (la néerlandaise de Zandvoort, en concurrence dans le même meeting avec le WTCR. Ndlr.). Mais c’est à Budapest où il nous a manqué de bons points quand on a raté la qualification à cause d’une erreur de pression de pneus. Mais cela m’a donné quand même plus de roulage pour comprendre la voiture. Je me demande quand même si ce n’était pas préférable de faire plus de séances d’essais plutôt qu’autant de courses. » Jean-Karl a au passage décroché le titre TCR Benelux, qui concernait une partie des manches du TCR Europe. »

 

Comment abordes-tu ce qui est ta quatrième participation sur le circuit de Guia ?

 

Macao, je l’avais fait une fois en F3 (victoire en course de qualification et 2e derrière son équipier Mortara avec Signature-VW en 2009. Ndlr.). J’y suis revenu en 2014 pour courir avec la Bentley Continental GT3 engagée par Absolute Racing (7e. Ndlr.). La Bentley était compliquée, lourde, grosse et moins agile que les petites Audi.

Puis, en 2016, j’avais fait la pole et j’ai terminé deux fois 2e en TCR (le championnat International TCR s’y jouait sur deux courses distinctes. Ndlr). Je devais aider Comini à décrocher le titre et je l’avais laissé gagner dans la première. Dans la deuxième, Monteiro avait pris un bon départ, mais la course n’avait réellement duré que trois tours, avec beaucoup de crashes, et on n’avait marqué que la moitié des points à chaque fois.

Là, le problème est qu’on va avoir 60 kg de plomb à emmener. On l’avait déjà à la dernière de Suzuka, et c’est pourquoi nous étions “à la rue“. En fait, avec les longues lignes droites du circuit de Guia, on devrait regagner du temps. Il faudra voir ! »

        Jean-Luc Taillade

Jean-Karl Vernay, Pierre Dieudonné (Team manager de WRT en WTCR) et Gordon Shedden lors de la présentation à Barcelone. © WTCR / Paulo Maria-DPPI

Vernay évolue avec le n° 69 de son département d'origine. © WTCR / François Flamand-DPPI

Ambiance dédicace dans le chaleureux paddock de Marrakech. © WTCR / François Flamand-DPPI

Vernay en leader sous le soleil de Marrakech. © WTCR / François Flamand-DPPI

Première victoire de l'année pour une Audi à Marrakech, Vernay entouré par Bennani et Oriola sur le podium de la course 2. © WTCR / François Flamand-DPPI

Le week-end du Hungaroring ne s'est pas avéré être le plus rentable pour l'Audi n°69. © WTCR / Thomas Fenêtre-DPPI

Trio de champions champions sortants au Nürburgring. De TCR International pour Vernay, de DTM pour Rast et de WTCC pour Björk. © WTCR / François Flamand-DPPI

Première pole position de la saison à Zandvoort. © JL Taillade

Vernay, un pilote Leopard Lukoil WRT prêt à bondir au départ de la course 3 de Zandvoort. © WTCR / François Flamand-DPPI

Départ réussi en course 3 à Zandvoort, malgré la tentative de Huff à la droite de Jean-Karl. © JL Taillade

Premier tour en tête et victoire en vue dans la course 3 de Zandvoort. © JL Taillade

Vernay a dû se contenter d'une 2e place en course 1 en Slovaquie. © WTCR / Jean-Michel Le Meur-DPPI

La pointe de vitesse est le point fort de cette Audi RS3 LMS, même alourdie. Vernay ici à Wuhan. © WTCR / Jean-Michel Le Meur-DPPI

La complicité entre Jean-Karl Vernay et son ingénieur Eliot Hoffet n'est pas masquée. © WTCR / François Flamand-DPPI

Lesté de 60 kg, Vernay n'a pu s'éviter la deuxième partie du peloton à Suzuka. © WTCR / François Flamand-DPPI

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JK Vernay en pause à Macao 2009 avec Amaury Baratin, vainqueur du Grand Prix Moto en catégorie Supersport avec le Team of Paris. © Paolo Pellegrini

Vernay dans le stand Signature-VW, avec son ingénieur et Philippe Sinault. © JL Taillade

Jean-Karl est bien déjà monté sur la plus haute marche du podium à Macao. Mais ce n'était qu'à l'arrivée de la course qualificative. © Paolo Pellegrini

Le plus souriant sur le podium F3 du samedi, en 2009, était bien Edoardo Mortara, 3e derrière Marcus Ericsson. Savait-il déjà qu'il parviendrait vite à déborder Jean-Karl le dimanche ?! © Paolo Pellegrini

Au départ de la course finale de F3 en 2009, Vernay en pole position avait vu son équipier Mortara le devancer. © Paolo Pellegrini

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