Historique et renouveau
du Grand Prix de MACAO F3
Le prestigieux Grand Prix asiatique, pour conserver comme épreuve-phare la discipline lui ayant valu le statut de Coupe du Monde FIA, s'est vu en quelque sorte contraint, en vue de sa 66e édition, d'accueillir les nouvelles monoplaces Dallara plus puissantes mises en service et validées par la fédération internationale pour la saison 2019. Ces nouvelles Formule 3, prenant la suite des GP3 Series évoluant dans le package des Grand Prix F1, sont radicalement différentes des F3 “institutionnelles" qui se retrouvaient depuis 1983 - édition marquée par la victoire d'Ayrton Senna - pour cette épreuve mondiale de fin de saison.
Exit donc les F3 du règlement multi-marques, que ce soit en matière de châssis (même si Dallara avait de longue date découragé ses derniers concurrents), ou de moteurs 2 Litres atmosphériques 4 cylindres à bride d'admission imposée, les derniers fournisseurs étant les allemands Mercedes-Benz/HWA et Volkswagen/Spiess, et les japonais Toyota/TOM'S et Tomei.
Cette métamorphose de l'emblématique discipline F3 en une série totalement monotype se signale ainsi par l'emploi d'une Dallara F3 2019 dont la plus grande différence esthétique, réside dans l'adoption, à l'instar de la F1 et la F2 FIA introduite un an plus tôt, du fameux Halo, arceau acier de cockpit destiné à réduire les risques d'impact vers le casque du pilote.
Côté moteur, c'est maintenant un 6 cylindres de 3.4 litres atmosphériques développant 380 ch, accouplé à une boîte séquentielle Hewland à 6 rapports.
Avec de telles monoplaces, deux autres paramètres techniques vont changer la donne sur le tracé de Guia. En premier lieu les pneus Pirelli habituels de la nouvelle discipline, à la philosophie de dégradation bien plus typée, et dont la gestion sur la durée d'une course pourrait davantage influer que celle des Yokohama des anciennes F3. D'autre part, l'existence du DRS dans les caractéristiques aérodynamiques des FIA F3 pose question. L'utilisation du système mobile de réduction de traînée, qui sera autorisée dans la plus grande portion de ligne droite, depuis la sortie de la courbe du “Mandarin Oriental“ (du nom de l'Hôtel situé à sa gauche aujourd'hui appelé “Grand Lapa“) jusqu'au freinage de l'Hôtel Lisboa, va-t-il favoriser des dépassements plus “nets“ ? Mais ne va-t-il pas également conditionner un accroissement des risques d'erreur au freinage en peloton ? Quoi qu'il en soit, les essais du jeudi 14 et vendredi 15 novembre, selon le schéma habituel d'une séance libre suivie par une autre de qualification chaque jour, seront à suivre avec curiosité. Et comme d'habitude avec excitation, tant chaque tour de 6,2 km bouclé reste un morceau de bravoure.
Les nouvelles données techniques de la F3 FIA ont été logiquement au coeur du débat pour des aménagements du circuit de Macao. Jusqu'en 2018, il bénéficiait d'un de degré d'homologation FIA de Grade 3. Avec la puissance plus élevée des monoplaces acceptées cette année, les organisateurs du MGPOC se devaient de travailler avec la FIA pour l'obligation d'élévation du tracé au Grade 2. Ce qui a impliqué des aménagements particuliers des courbes du Réservoir, du Mandarin, de la zone de l'échappatoire et du virage de Lisboa, des enchaînements de la partie haute de Guia Hill, et de “R“ Bend, le dernier droite avant les stands. Suite au très spectaculaire accident de Sophia Flörsch l'an passé, l'installation du circuit, qui démarre pas moins de deux mois avant la date du Grand Prix, a intégré la pose de nouvelles glissières et l'ajout de mousses de protection pour limiter les impacts en divers secteurs les plus potentiellement critiques.
Dans la liste des pilotes engagés sur les 30 F3 FIA, on notait que 14 d'entre eux ont déjà participé au Grand Prix de Macao F3 (Ticktum, Hughes, Shwartzman, Armstrong, Vesti, Ilott, Habsburg, Vips, Ahmed, Beckman, Sophia Flörsch, Maini, Leong, Andres).
Mais cette édition 2019 du Grand Prix de Macao, première de la nouvelle ère de la F3 a vu un outsider s'imposer. Si Juri Vips et Robert Shwartzman ont devancé le rookie Christian Lungaard sur le podium de la course de qualification, la course principale a sacré le rookie néerlandais Richard Verschoor, rejoint sur le podium par l'Estonien Juri Vips et l'Américain Logan Sargeant.
Pour les éditions 2020, 21 et 22, à cause de la pandémie Covid-19, le Grand Prix a dû se contenter des Formula 4 du championnat chinois, et l'on espère qu'il pourra bientôt à nouveau accueillir la Coupe du Monde FIA F3 ...
L'édition 2024 a marqué un autre tournant radical en matière de réglementation technique, avec un pas en arrière en matière de performance des monoplaces utilisées. En passant à l'emploi des Formula Regional du règlement FIA, en l'occurrence des châssis monocoques Tatuus dotés du moteur Alfa Romeo préparé en Italie par Autotecnica, utilisés de nouveau en 2025 au Grand Prix de Macao. Pour 2026, l'arrivée des nouvelles Tatuus T-326, équipées du tout nouveau moteur ATM163T, développé par Autotecnica Motori et dérivé du bloc Toyota G16E, impliquera probablement leur emploi pour la Coupe du Monde FR FIA.
Octobre 2019 - Texte et Palmarès réactualisés en Novembre 2025
Jean-Luc Taillade
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Photos © Macau GP , FIA F3, Clément Marin et Jean-Luc Taillade





































































