Grand Prix de Macao - Since 1954

Cette année-là, un professeur résident de Hong Kong du nom de Paul Dutoit, grand amateur de sport mécanique, contacté par des amis portugais de Macao, donna l’impulsion décisive pour organiser le premier Grand Prix sur cette presqu’île du Sud de la Chine.

C’est un autre Portugais, Eduardo de Carvalho, qui, au volant de sa Triumph TR2, ouvrit le palmarès de l’épreuve sur les 6,2 km du tracé de Ghia, au pied de l’ancienne forteresse de la colonie lusitanienne.

Parallèlement, le Grand Prix de Macao est également devenu l'un des rendez-vous des pilotes moto, aussi prestigieux que périlleux, au même titre que le Tourist Trophy de l'Ile de Man.

 

Peu à peu, le parcours et l’infrastructure allaient se moderniser et la participation internationale s’étoffer. L’on relève la première victoire d’un francophone en 1966, lorsque Mauro Bianchi, le grand-père de Jules alors sous les couleurs belges, triompha au volant d’un proto Alpine-Renault A210. Pour les puristes de la marque, il semble qu'il s'agissait du châssis numéro 1722. Le pilote officiel et de développement de la marque dieppoise s’était imposé au passage au volant d’une R8 Gordini dans l’épreuve réservée aux voitures de Tourisme.

 Il fallut attendre la fin des années 70 pour voir prendre forme une course de monoplaces de renommée mondiale regroupant en fin de saison de nombreux pilotes internationaux de haut niveau, comme Alan Jones, Keke Rosberg ou Riccardo Patrese. Ils étaient confrontés au volant de Formule Pacific, l’équivalent des Formule Atlantic américaines, proches des F3 et F2 du moment.

 

En 1983, le Grand Prix de Macao a pris une tournure définitive vers une notoriété planétaire, grâce aux efforts conjoints du gouvernement, du Britannique Barry Bland, dont la société Motor Race Consultants Ltd s’est chargée de réunir le gratin des championnats nationaux de F3, et du passionné homme d’affaire de Hong Kong Teddy Yip, impliqué en son temps en F1 avec son Theodore Racing. Cette première édition, il y a tout 30 ans, restera d’autant plus gravée dans les mémoires qu’elle vécut le triomphe d’Ayrton Senna. Le Brésilien, futur champion du monde de F1 était entouré sur le podium par le Colombien Roberto Guerrero et l’Autrichien Gerhard Berger, actuel président de la Commission Monoplace de la FIA. Les deux tricolores engagés dans cette édition inaugurale étaient Jean-Louis Schlesser et Cathy Muller, classés 6e et 11e.

 

L’une des éditions les plus mémorables restera 1990, lorsque deux futures Champions du Monde de F1, Mika Häkkinen et Michael Schumacher se livrèrent un duel serré s’achevant violemment dans le rail au tout dernier tour pour le Finlandais, alors que sa victoire en première manche lui avait donné une option en battant l’Allemand.

 

L’édition 2000 fera date également. Macao venait d’être rendu comme prévu à la Chine le 20 décembre 1999, conformément aux accords de 1967 amenant le Portugal à renoncer à son occupation perpétuelle de son ancienne colonie. Et c’est André Couto, Portugais naturalisé Macanais pour y avoir grandi, qui enleva enfin et tout symboliquement son Grand Prix à la sixième tentative.

Dernière évolution pour son statut d’épreuve incontournable, le ralliement du Championnat du Monde FIA des Voitures de Tourisme (WTCC) depuis 2005, en plus de cette véritable Coupe du Monde F3 et du ô combien périlleux et prestigieux Grand Prix Moto, a étendu encore son statut d’événement hors-cadre que tout pilote rêve de vivre et d’épingler à son palmarès.

 

En ce qui concerne les pilotes français, cinq s’y sont jusqu’ici imposés. Quatre en F3, dans l’ordre chronologique Soheil Ayari en 97, puis consécutivement Tristan Gommendy en 2002, Nicolas Lapierre en 2003 et Alexandre Prémat en 2004. Trois écuries tricolores y ont acquis de belles lettres de noblesse : Graff Racing (97), ASM (2002, 2004) et Signature (2003 et 2009-2010 avec le premier doublé de l’histoire signé Edoardo Mortara) y ont acquis leurs lettres de noblesse.

 

En WTCC s’il a été sacré par trois fois Champion du Monde lors de cette dernière manche chinoise, en 2008, 2009 et 2011, Yvan Muller a dû attendre 2012 pour enfin y remporter une des deux courses du circuit de Ghia, pendant qu’il cédait sa couronne à Rob Huff pour la dernière participation officielle de Chevrolet.

Dernier vainqueur en date en F3, Antonio Felix da Costa, persuadé il y a seulement deux semaines qu’il ne reviendrait pas à Macao cette année, sera finalement à nouveau de la partie. Il remplace le Russe Daniil Kvyat, appelé au poste de titulaire de Toro Rosso F1 que le Portugais espérait. Il tentera d’égaler le doublé de Mortara. De son côté, l’Italien peut prétendre porter à cinq, voire même six, sa série de succès dans la cité mondiale du jeu. En s’imposant une troisième fois consécutive dans la Macao GT Cup, mais aussi auparavant dans la dernière manche de l’Audi R8 LMS Cup, pour la première fois invitée.

Jean-Luc Taillade

(Photos archives Grand Prix de Macao et FIA WTCC)

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