GP de Macao F3 2013 - Débuts Ocon 5/5

En terminant 10e de la course finale, le pilote du Lotus F1 Junior Team a vécu à Macao une aventure initiatrice en F3 de la même belle facture que celle de Romain Grosjean en 2005.

 

C’est le grand jour dimanche. Esteban Ocon et les 27 autres engagés doivent patienter pour en découdre, après la “Macau GT Cup“ et la “FIA WTCC - Guia Race of Macau“. Le Grand Prix F3, qui reste l’épreuve-reine de la cité chinoise, clôture traditionnellement l’événement. Une fois placés sur la grille, les pilotes y sont présentés aux autorités et assistent à la cérémonie de la danse du Dragon.

 

 

Installé à gauche sur la 5e ligne, Esteban se prépare sereinement, malgré le gros enjeu. Après le tour de formation, lorsque les feux rouges s’effacent, l’on voit malheureusement sa Dallara noir et or figée sur son emplacement. Mais heureusement, aucun des 18 concurrents partant derrière Esteban ne se fait surprendre et ne vient percuter sa monoplace. Ocon expliquera son départ raté après l’arrivée :  “J’ai un peu trop retenu la voiture avec le frein à main, et du coup j’ai calé. Je n’avais pas encore assez l’habitude de l’embrayage carbone, qui est vraiment spécial à utiliser.“

 

Commence alors pour l’honneur une course-poursuite, qui va animer cette 60e édition non exempte du classique crash du premier tour. Cette fois, dans la légendaire courbe du Mandarin, les éliminés sont l’Autrichien Auer, l’équipier d’Ocon, ainsi que l’Indonésien Gelael et le Suédois Bryant-Meisner. Esteban, parti bon dernier, parvient à passer sans encombre entre les débris. Derrière la voiture de sécurité qui intervient au premier passage, le jeune Tricolore pointe déjà 23e devant l’Italien Giovinazzi. 

 

Le peloton est libéré à l’issue du quatrième tour. “J’ai réussi à remonter pas mal, car j’ai dépassé directement quatre voitures.“ Un tour plus tard, il pointe 19e derrière l’Estonien Korjus. Les deux gagnent une place au suivant. Les caméras de télévision ne le montreront pas, mais Esteban, que l’on voit croquer un à un ses adversaires, est aux prises avec une mécanique imparfaite : “Au 6e ou 7e tour, j’ai touché de la roue arrière extérieure, en sortie du virage 8. J’avais le volant carrément décalé. Dans les virages à droite j’allais tout droit et dans les gauches elle survirait. Ça m’a freiné car je ne pouvais plus prendre la chicane à fond.“

 

Qu’importe, le rookie poursuit sa route sans faiblir. Coletti et Buller sont dépassés. Au 8e passage, Korjus a cédé et Ocon, 14e, talonne Blomqvist. Au 10e, son prestigieux équipier Marciello, qui tente de résister à Felix Da Costa pour la troisième marche du podium, se fait piéger par ses trains déréglés par un contact en début de course et termine dans un rail. Esteban grimpe au 13e rang. Jusqu’à l’ultime 15e boucle, il réduira l’écart et débordera encore trois adversaires, dont les deux meilleurs Japonais, Nakayama et Sekiguchi. 10e à l’arrivée, soit sa place de départ, à une trentaine de secondes du vainqueur, Esteban peut nourrir quelque regret, mais son départ catastrophique lui aura permis d’établir la plus belle progression en course.

 

Quand on lui demande si certains ne lui ont pas fait de difficultés lors des dépassements, Ocon lâche d’un ton aussi sec que laconique que “ce n’était pas impressionnant.“ Et à l’heure du bilan, est-il globalement content ? “Non! Mais hormis le résultat brut, j’ai pris pas mal d’expérience et je reviendrai plus fort l’année prochaine…“ Tel est Esteban Ocon. Pas spécialement content, tant qu’il n’accède pas au podium. Et pendant qu’il participe sobrement à l’euphorie ayant gagné Prema Powerteam et pour l’occasion ses associés de Theodore Racing, grâce au succès d’Alex Lynn, les pensées d’Esteban sont déjà tournées vers le futur, car il se prépare à vite rentrer en Europe. Sa détermination le projette déjà vers le circuit de Motorland Aragon, où il va tester pour la première fois une FR 3.5.

 

On retiendra de la première participation d’Esteban au Grand Prix de Macao une entrée très prometteuse sur l’échiquier de la F3. Egalement qu’il a fait presque aussi bien que Grosjean dans le même cas huit ans plus tôt. Et mieux sur certains secteurs. Le pilote Lotus F1 s’était qualifié 19e et, après une 16e place le samedi avait pris la 9e place en course finale. Son nouvel émule, qui a eu ses 17 ans en septembre, a fait mieux aux essais avec le 15e rang, mieux en course de qualification avec le 10e, et juste une place moins bien le dimanche. Mais avec une remontée hors normes depuis le néant…

Jean-Luc Taillade

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