Jean-Louis DAUGER,

de Sup de Co ... à Michel VAILLANT

 et GRATON Editeur

Le personnage a deux grandes passions : le sport automobile et la montagne.

La première, alors qu’il étudiait encore à l’ESCE (Ecole Supérieure de Commerce Extérieur. Ndlr.), l’amena à approcher le milieu des circuits en officiant pendant quelques mois en tant que photographe de l’écurie Larrousse-Calmels F1 en 1989.

 

Pourquoi pour cette équipe ? Parce que Gérard Larrousse avait été un élève de Sup de Co', comme moi“, explique ce quinquagénaire natif de Versailles, qui n’a pas manqué de rappeler comment nous fîmes connaissance en 1987.

J’étais un abonné d'Auto Hebdo depuis le premier numéro, et je te connaissais en tant que photographe. La première fois qu’on s’est rencontrés, c’était pour un reportage photo avec Jean-François Guittard (essayeur du journal en ce temps-là. Ndlr.), qui manquait de quelqu’un pour conduire une deuxième voiture pendant cet essai. En 88, comme j’allais faire des photos, j’étais venu te demander quelques conseils. Par la suite, de 88 à 2007, je travaillais chez Renault, ma carrière s’étant orienté dans le produit et le marketing. Quand j’ai quitté Renault en 2008, je suis arrivé chez Eurosport, et c’est là que l’on s’est vraiment cotoyés sur les manches de WTCC. Pendant 5 ans, jusqu’en 2014, j’étais le patron des opérations d’Eurosport Events. Ensuite j’ai passé une petite année chez Jacques Nicolet (Oak Racing, Onroak, devenu aujourd'hui Ligier Automotive. Ndlr.), où j’étais le directeur général adjoint. C’est à ce moment-là que j’ai voulu faire quelque chose de plus personnel. Je me suis mis à mon compte, avec ma petite société.

 

Je voulais utiliser mes expériences et talents en sport automobile, et j’ai fait une première mission pour Renault Sport, avant de rencontrer Philippe Graton, avec lequel je me suis ensuite associé. Et là c’était l’alliance parfaite, parce que Philippe est quelqu’un d’extraordinaire dans ses connaissances du monde de Graton, de Vaillant. Il est un très brillant scénariste, un conteur d’histoire fantastique. Mais il n’est pas du tout un homme de sport auto, ni un homme de business. Je suis justement son bon complément. En fait nous nous sommes donc associés et je suis devenu patron du développement de Michel Vaillant. En quatre ans on a pu faire beaucoup de choses graphiques, comme les Michel Vaillant Art Strips. En discutant avec Philippe et Dominique Chantrenne, qui est une vraie artiste et directrice artistique de la Fondation, j’ai tout de suite eu la vision de ce qu’on pourrait faire avec des tirages limités des plus beaux dessins de Jean Graton. Trente exemplaires très grand format, adaptés au monde d’aujourd’hui, avec de très beaux matériaux plexiglas ou autres, pour que les gens puissent avoir un contraste entre quelque chose de très moderne pour la matière, et très “vintage“ dans le dessin. C’est un produit qui nous a beaucoup aidés pour relancer l’image de Michel Vaillant, la remettre dans l’actualité et montrer que Jean Graton était un vrai artiste. C’est tout notre travail sur les “vintages“, que j’ai complété avec des partenariats avec la marque Veldt pour les casques, avec 8J’S de nos amis Sacha, Nicolas et Delphine Prost. Et donc on a fait cette marque capsule 8J’S Michel Vaillant, avec des polos et T-shirts lancés il y a deux ou trois ans. En février prochain on relance toute une gamme avec trois T-shirts, trois polos et blousons. On a aussi développé beaucoup de choses en produits dérivés, comme un calendrier, un partenariat avec Moulinsart (société qui a les droits d’exploitation commerciale des œuvres d’Hergé. Ndlr.) sur les plus belles couvertures du journal de Tintin, qui étaient dessinées par Jean Graton. Parallèlement à ça, et là on est plutôt sur la marque Vaillant, j’ai développé beaucoup de choses liant la fiction et la réalité“.

 

C’est en 2012 que les emblématiques couleurs de Michel Vaillant et la marque fictive de voitures de course ont été couplées dans le réel de la course d’un championnat important. En l’occurrence sur une Chevrolet officielle du WTCC pilotée par le Suisse Alain Menu. “Ce qui est amusant“, note Jean-Louis Dauger, “c’est que j’étais de l’autre côté de la barrière. C’est moi qui ai monté le partenariat, mais du côté du WTCC. En 2011, j’avais eu une vision en souhaitant faire un nouvel album de Michel Vaillant, dans le but de faire parler de la discipline. Je suis allé à Bruxelles pour le proposer à Philippe Graton. Et comme il a trouvé ça génial, c’est comme cela qu’on a monté ce partenariat avec Chevrolet à Portimao en juillet 2012, pour la Cruze d’Alain Menu devenu Michel Vaillant l’espace de la manche portugaise. Et ce qui est extraordinaire, c’est qu’Alain a gagné la 2e course, en direct sur les antennes d’Eurosport. Philippe Graton, qui portait une chemise Vaillante en tant que représentant du constructeur, est monté sur le podium, car j’avais négocié avec la FIA pour que ce ne soit pas Chevrolet qui soit marqué, mais Vaillante. C’est une belle histoire et même pour Chevrolet, d’autant que Eric Nève, qui est franco-belge, était l’instigateur du programme pour la marque américaine. C’est donc comme ça que Philippe Graton et moi nous sommes rencontrés en 2012“.

 

L’association de la marque Vaillante avec la réalité s’est concrétisée une nouvelle fois, cette fois en Endurance, avec l’équipe suisse Rebellion Racing. “Nous avons pu le faire avec les Vaillante Rebellion qui ont roulé aux 24 Heures du Mans et dans tout le championnat du monde WEC 2017, et qui en même temps étaient dans l’album. D’ailleurs Nicolas Prost était en même temps dans la voiture et dans l’album, l’écurie comprenant aussi Nelson Piquet Jr et Bruno Senna. C’était juste magique d’y faire figurer de tels grands noms“, s’enflamme Jean-Louis. “L’album était sorti deux semaines avant les 24 Heures“.

 

Déjà assimilé à un pilote de Vaillante lors de sa première venue à Macao en 2017, où il s’était classé 7e, le seul Français de la F3 2018 s’est vu réinvesti de l’honneur d’être assimilé au héros de la bande dessinée. “Nous avons refait la même opération avec Sacha Fenestraz. Une semaine précisément avant le Grand Prix F3 est sorti l’album “Macao, l’Enfer du Décor“. Dans lequel Sacha prend en fait le départ en 5e position, alors que dans la réalité il part 4e dans la course finale. Dans la réalité il termine 3e, alors que dans l’album il gagne. Et puis dans l’album, Sacha a une coéquipière, Elsa. Et fait incroyable, Elsa décolle et a un grave accident. Sacha se fait du souci pour elle, perd un peu ses moyens pendant la course. On lui dit alors “Elsa n’a rien“, et c’est comme ça qu’il reprend du tonus et qu’il gagne la course.

Dans la réalité, Sophia Flörsch, qui est une amie proche de Sacha, a eu cet accident incroyable et elle s’en est bien sortie. Il y a donc un côté prémonitoire dans l’album qui est juste incroyable. Je pense que ce n’est pas complètement fortuit. C’est largement lié à ce que représente Michel Vaillant, et à ce qu’était Jean Graton, qui avait une connaissance parfaite du sport automobile.

Ce que l’on fait encore aujourd’hui, c’est d’avoir des similitudes avec la réalité, puisqu’il y a un an nous étions déjà à Macao pour vraiment documenter l’album, s’imprégner du truc. Je ne dis pas que c’est pour cela qu’a été imaginé le scénario, mais je veux dire par là que ça met sur la voie et que l’on colle extrêmement au réel.

L’idée est que pour quelqu’un qui était présent sur le circuit de Macao, quand il va lire l’album, il puisse dire que c’est de cette manière que ça s’est passé. Comme dans la vraie vie. C’est ce que Jean Graton a vraiment voulu dès le début, raconter des histoires qui soient très documentées“.

        Jean-Luc Taillade

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